Que se passe-t-il ?
Juda est sur le point de disparaître en tant que nation. Son seul espoir est d'écouter ce que Jérémie a constamment prophétisé, en se soumettant à Babylone et à son roi. Malheureusement, même après la destruction de sa capitale et l'exil de la plupart de ses habitants, Juda ne le fait pas. Après sa victoire, Babylone établit Guedalia comme gouverneur fantoche. Elle l'avertit que Juda a perdu sa nation parce qu'il n'a pas obéi à son Dieu en se soumettant à eux (Jérémie 40.1-6). Lorsque la nouvelle se répand que l'assaut babylonien a cessé, de pauvres cultivateurs, des réfugiés et les quelques milices qui restent à Juda se rassemblent autour de lui. Au début, Guedalia répète les paroles du capitaine babylonien et les prophéties de Jérémie, et dit à ce reste que leur seul espoir est d'accepter le châtiment de Dieu et de bien servir Babylone (Jérémie 40.7-12). Il espère que ce reste minuscule mais fidèle pourra recommencer à rebâtir le royaume de Dieu.
Mais très vite, Guedalia est assassiné, et un nouveau chef rebelle, Jochanan, se lève : il appelle Juda à s'allier à l'Égypte, à livrer un dernier combat contre Babylone et à reconquérir son royaume avec l'aide des dieux et de la puissance militaire de l'Égypte (Jérémie 40.13-41.18). Au début, Jochanan demande à Jérémie de rechercher le conseil de Dieu et promet de faire tout ce que Dieu dira (Jérémie 42.1-6). Après dix jours de prière, Jérémie dit à Jochanan de ne pas craindre Babylone et de rester en Juda (Jérémie 42.7-12). Jérémie avertit que Dieu considérera le fait d'aller chercher protection en Égypte comme un acte de rébellion égal à la désobéissance qui a entraîné l'exil de Juda au départ (Jérémie 42.13-22). Jochanan doit se confier en Dieu et rester en Juda plutôt que de se confier en la puissance et les dieux de l'Égypte. Mais Jochanan accuse Jérémie de conspirer contre lui, ordonne au reste de Juda de marcher vers l'Égypte au mépris des paroles de Dieu, et entraîne Jérémie avec eux (Jérémie 43.1-7).
Dès leur arrivée, Jérémie déclare qu'ils ne peuvent se cacher du jugement de Dieu. Babylone les trouvera et détruira tous ceux qui se sont confiés en l'Égypte et en ses dieux plutôt qu'en Dieu et en sa puissance (Jérémie 43.8-13). Jérémie consacre un chapitre entier à accuser Juda de son infidélité en Égypte et annonce que bientôt Babylone vaincra les chefs et les dieux auxquels ils ont choisi de se confier plutôt qu'à lui (Jérémie 44). L'histoire de Juda s'achève alors brusquement. Babylone envahit l'Égypte, le peuple de Dieu est dispersé, et Juda disparaît pour ainsi dire. Les seuls membres du peuple de Dieu qui subsistent sont prisonniers à Babylone.
Où est l'évangile ?
Le récit que Jérémie fait de l'histoire de Juda s'achève sur son jugement total. Il ne reste personne que Dieu n'ait puni pour son infidélité. La désintégration de Juda prouve que, jusqu'au plus profond d'eux-mêmes, les membres du peuple de Dieu ne veulent pas se soumettre à lui ni à ses commandements. Leur seul espoir de délivrance, c'est que Dieu les fasse sortir de l'exil par sa puissance.
Et un jour, Dieu le fait — il entre lui-même dans l'exil de son peuple. Dieu, en la personne de Jésus, est né sous la domination romaine, au sein d'un peuple qui résistait encore aux commandements de Dieu (Jean 3.16 ; Luc 4.18-19). Mais Jésus, contrairement à ses compatriotes, s'est soumis à Dieu quel qu'en soit le prix (Jean 5.19-20). Contrairement à Jochanan et à tant d'autres habitants et rois de Judée, lorsque Dieu dit à Jésus de se soumettre à la puissance romaine, il le fait, même quand cela signifie sa mort (Luc 22.42). Puis, exactement comme Jérémie l'avait prophétisé, après s'être soumis à la puissance impériale et avoir accepté l'exil parmi les morts, Jésus est ressuscité du tombeau (Luc 24.1-12). À cet instant, un Royaume dont Guedalia n'aurait pu que rêver est né. Par son exil et sa résurrection, Jésus a assuré un Royaume de vie éternelle, où aucun empire, aucun roi, ni même la mort n'exerce de pouvoir (1 Corinthiens 15.55-57). Jésus a fait ce qu'aucun chef de Judée n'a jamais fait, et ainsi, il a rebâti le Royaume de Dieu et règne comme le véritable Roi du peuple de Dieu, nous promettant que nous ne serons plus jamais exilés loin de lui.
Le dernier mot de Dieu pour nous n'est pas sa puissante colère, mais son amour débordant, manifesté en la personne de Jésus. Dieu ne laisse jamais son peuple dans son jugement, son désespoir et son exil. Dieu fournit toujours un moyen puissant de sauver les siens. Ainsi, au lieu de vous confier en des rois, des puissances ou d'autres dieux, confiez-vous en Jésus, qui vous ressuscitera avec lui.
Voyez par vous-même
Je prie pour que le Saint Esprit ouvre vos yeux afin que vous voyiez le Dieu qui aime son peuple. Et puissiez-vous voir en Jésus celui qui nous sauve de notre exil.


