Que se passe-t-il ?
Une façon de comprendre le livre de l’Ecclésiaste est de le comprendre comme une réponse à la question : « Comment devrais-je passer ma brève vie sur la terre ? » (Ecclésiaste 1.13 ; 3.10). Le Prédicateur répond en mettant à l’épreuve quelques-unes des options qui s’offrent à lui.
Au début, le Prédicateur consacre sa vie à la recherche du plaisir (Ecclésiaste 2.10). Très vite, il découvre que plus il goûte de plaisir, moins celui-ci le satisfait (Ecclésiaste 2.11). Il tourne alors son appétit vers la sagesse, pour aboutir à une impasse semblable (Ecclésiaste 2.16). Plus il acquiert de sagesse, plus il remarque de problèmes. Finalement, le Prédicateur désespère, car il voit que tout travail et toute réussite sont vains, puisque quelqu’un d’autre s’en emparera toujours (Ecclésiaste 2.18).
Le Prédicateur comprend qu’une partie du problème est une question de temps. Le moment de nos poursuites et de nos satisfactions semble toujours décalé par rapport au temps de Dieu. Dieu a fixé des temps de plaisir comme des temps de tristesse (Ecclésiaste 3.3). Et puisque nous ne sommes pas Dieu, tous nos efforts pour nous ménager une sorte de contentement paraissent soit trop tardifs, soit trop précoces, soit jamais suffisants.
Le Prédicateur explique que cela vient de ce que Dieu a placé dans nos cœurs le désir de son éternité et de faire les choses selon son temps (Ecclésiaste 3.11). Après tout, le temps de Dieu est parfait. On ne peut rien ajouter ni retrancher à ses desseins (Ecclésiaste 3.14). Mais le Prédicateur comprend aussi que, quoi qu’il tente, le moment de ses efforts ne s’accorde jamais avec le temps que Dieu a fixé pour son plaisir.
À partir de ces observations, le Prédicateur offre sa sagesse dans un monde d’attentes éternellement inassouvies : savoure la nourriture, le vin et le travail que Dieu t’a donnés tant que tu en as l’occasion (Ecclésiaste 2.24 ; 3.13).
Le contentement se trouve dans le temps de Dieu et vient de la main de Dieu. Au lieu de craindre la pauvreté et de courir après le succès, au lieu de craindre la solitude et de te raccrocher au plaisir ou à la fuite, au lieu de craindre d’être insensé et de t’enterrer dans les livres — crains Dieu et réjouis-toi de ce qu’il t’a donné (Ecclésiaste 3.14). On ne peut rien ajouter ni retrancher à la richesse, au plaisir et à la sagesse que l’on trouve dans ce que Dieu fait au temps qu’il a fixé.
Où est l’évangile ?
Dieu est maître du temps. Nous ne le sommes pas. Nos vies sont marquées par la déception et la frustration. Nous avons toujours l’impression que quelque chose pourrait être ajouté, ou peut-être que quelque chose a été retranché. Dans la mesure où nous sommes décalés par rapport au temps et aux saisons de Dieu, cela restera toujours vrai. La seule manière de manger notre nourriture, de boire notre vin et de prendre plaisir à notre travail, c’est que notre temps et le temps de Dieu s’accordent.
C’est ce que veut dire le Prédicateur lorsqu’il affirme que l’éternité a été placée dans nos cœurs. Dieu met en nous un désir profond d’être en accord avec son temps. Nous aspirons à faire l’expérience de l’éternité de Dieu de telle sorte que rien n’ait besoin d’être ajouté ni retranché à nos actions ou aux moments de notre vie.
L’accord entre le temps de Dieu et nos actions n’est pas réalisé avant la mort de Jésus. Durant son séjour sur la terre, Jésus n’a fait que ce qu’il voyait Dieu faire, au moment où celui-ci le lui disait (Jean 1.3 ; Jean 5.19). Voilà pourquoi Jésus a résisté à la pression de se révéler, en répétant que son temps ou son heure n’était pas encore venue (Jean 2.4 ; 7.6). Et voilà pourquoi aussi, avant sa crucifixion, Jésus déclare que son heure est enfin venue (Jean 12.23). Les actions de Jésus et le temps de Dieu se sont parfaitement accordés à la croix. Paul dit même que Jésus est venu dans la « plénitude des temps » (Galatiens 4.4).
Et lorsque Jésus est mort dans la plénitude des temps, en parfait accord avec les plans éternels de Dieu, il place dans nos cœurs le don de l’éternité — une vie éternelle à laquelle on ne peut rien ajouter ni rien retrancher. Le Prédicateur comprenait « l’éternité dans nos cœurs » comme la description du problème. Mais Jésus en fait un don. Non seulement nous pourrons enfin savourer notre nourriture, notre vin et notre travail sans frustration ni déception, mais nous vivrons éternellement avec Dieu (Jean 10.28).
Au lieu d’être prisonniers d’une vie décalée par rapport aux bons plans de Dieu et de ne jamais connaître la satisfaction que nous espérons, nous pouvons régler nos montres sur la vie et la mort de Jésus. Il nous donne la vie de la résurrection, maintenant et pour toujours.
Vois par toi-même
Que le Saint Esprit ouvre tes yeux pour voir le Dieu dont les œuvres subsistent à jamais. Et puisses-tu voir en Jésus celui qui donne la vie éternelle, à laquelle on ne peut rien ajouter et qui ne peut nous être retranchée.

