Que se passe-t-il ?
Esther vient d’être couronnée reine de Xerxès. Mais aussitôt Mardochée, le tuteur et cousin d’Esther, découvre un complot des eunuques du roi visant à assassiner Xerxès (Esther 2.21). Ensemble, ils en informent le roi, qui fait rapidement exécuter ceux qui voulaient l’assassiner (Esther 2.23). Mais au lieu de récompenser Mardochée pour sa loyauté, Xerxès promeut Haman, un descendant du roi Agag (Esther 3.1). Cette généalogie est importante, car on nous a dit précédemment que Mardochée est un descendant du premier roi d’Israël, Saül (Esther 2.5). C’est parce que Saül n’avait pas détruit Agag qu’il perdit son trône (1 Samuel 15.9-11). Depuis ce temps-là, les Agaguites étaient les ennemis ancestraux des descendants du roi Saül.
Xerxès exige alors que tous ses fonctionnaires se prosternent devant Haman, mais Mardochée refuse (Esther 3.2). Les autres fonctionnaires s’interrogent sur le motif de Mardochée, qui désobéit à l’ordre du roi (Esther 3.3). Mais il est clair que Mardochée ne répétera pas les péchés de ses ancêtres. Lorsque Haman est informé de l’insubordination de Mardochée, il entre en fureur (Esther 3.5). Et quand il apprend l’ascendance de Mardochée, il devient génocidaire (Esther 3.6). Il va mettre fin à la querelle que ses ancêtres ont commencée.
Haman jette une sorte de dés appelée « pur » pour déterminer la meilleure date de sa vendetta (Esther 3.7). Une fois la date fixée, Haman se présente devant Xerxès et demande le meurtre de tous les Juifs, sous prétexte de protéger les intérêts financiers du roi (Esther 3.8). Et Xerxès consent à ce jour de mort. Les Perses sont encouragés à tuer tous leurs voisins juifs et à prendre tout le butin qu’ils désirent (Esther 3.13). Mais ni l’un ni l’autre ne se rend compte que ce décret tuera Esther, la reine de Xerxès.
Mardochée informe Esther du complot d’Haman et la supplie de se présenter devant le roi pour plaider la cause de leur peuple (Esther 4.8). Mais Esther sait que c’est pratiquement une sentence de mort (Esther 4.11). Mardochée l’avertit qu’elle risque de mourir de toute façon. Il vaut mieux s’en remettre à la merci de Xerxès que de tomber entre les mains d’une foule génocidaire (Esther 4.13). Si Esther n’agit pas, Mardochée est convaincu que le secours pour les Juifs viendra d’ailleurs. Mais il se demande aussi si Esther n’a pas été faite reine précisément pour ce moment (Esther 4.14). Persuadée qu’elle doit agir (ou du moins convaincue qu’elle n’a plus d’autre choix), Esther dit à Mardochée qu’elle ira vers le roi — et si elle meurt, elle meurt (Esther 4.16).
Où est l’évangile ?
Le conflit entre Mardochée et Haman ne remonte pas seulement au roi Saül et au roi Agag, mais aux premières pages de la Bible. Dieu a promis que la descendance du Serpent serait en conflit constant avec les enfants d’Ève, jusqu’au jour de mort où la tête du Serpent serait écrasée sous le talon du fils d’Ève (Genèse 3.15). Mardochée et Haman sont de nouveaux descendants pris dans ce conflit ancien. Mais cette fois, les rôles semblent inversés. La botte d’Haman est suspendue, menaçante, au-dessus de la tête du fils d’Ève, Mardochée. La question est donc : Dieu sera-t-il fidèle à accorder ce jour de mort promis contre le Serpent ? Ou bien les enfants d’Ève ne font-ils que choisir entre deux manières de mourir ?
Dieu n’est jamais mentionné dans Esther. Les promesses qu’il fait à son peuple ne le sont pas davantage. Pourtant, Mardochée semble avoir foi en ce jour de mort promis. Il est convaincu que le salut pour la descendance d’Ève se lèvera, si ce n’est par Esther, alors d’ailleurs (Esther 4.14). Et au moment où Mardochée encourage Esther à devenir l’Écraseur du Serpent promis, il prophétise aussi le sauvetage ultime du peuple de Dieu en Jésus.
Comme Esther, Jésus risque sa vie entre les mains d’un roi, sachant qu’il pourrait mourir (Jean 18.29-30). Mais contrairement à Esther, Jésus meurt. Un jour de mort vient bel et bien, même pour Jésus. Mais Jésus est ressuscité du tombeau, anéantissant le Serpent et ses puissances (Colossiens 2.15). Et par sa résurrection, il écrase enfin la tête du Serpent, l’ennemi ancestral du peuple de Dieu. Dans Esther, les desseins de Dieu s’accompliraient en Perse. Mais en Jésus, les promesses de Dieu se réalisent pleinement et définitivement.
Voyez par vous-même
Que le Saint Esprit ouvre vos yeux pour voir le Dieu qui a planifié la destruction de nos ennemis. Et puissiez-vous voir Jésus comme celui qui a écrasé la tête de notre ennemi lorsque son talon a été frappé sur la croix.


