Que se passe-t-il ?
Dès le commencement, le mariage porte le plan de Dieu pour le monde. Dieu a créé l'humanité à son image et a uni l'homme et la femme pour qu'ils ne fassent plus qu'un, afin qu'ensemble ils soient féconds, se multiplient et remplissent la terre de son image et de sa vie (Genèse 1.27-28). L'union du mari et de la femme était le moteur de la bénédiction de Dieu : c'est ainsi que son image devait se répandre dans toute la création. Alors, quand Dieu entreprend de bénir les nations par la famille d'Abraham, la promesse avance un mariage après l'autre. Et maintenant, cette promesse repose sur Isaac. Sarah est morte (Genèse 23.2), Abraham est âgé, et Isaac n'a ni femme ni enfants. Pour que la famille de la bénédiction se perpétue, la descendance a besoin d'une épouse. Et comme il l'a fait à chaque moment de menace, Dieu va y pourvoir.
Abraham envoie son serviteur dans son pays d'origine pour trouver une femme à Isaac (Genèse 24.3-4). Elle ne doit pas venir des Cananéens qui les entourent, mais du propre peuple d'Abraham, afin que la famille mise à part pour la bénédiction de Dieu reste distincte des nations soumises aux puissances du serpent.
Au puits, à l'extérieur de la ville, le serviteur demande un signe dans sa prière : que la femme choisie par Dieu lui offre de l'eau et propose d'elle-même d'abreuver aussi ses chameaux (Genèse 24.14). Avant même qu'il ait fini de prier, Rébecca arrive et fait exactement cela. Le choix ne revient ni au serviteur ni à la famille : il revient à Dieu, qui a répondu avant même que la demande soit achevée.
Le serviteur raconte tout à la famille de Rébecca, et ses membres ne peuvent nier que Dieu est intervenu : « Cela vient de l'Eternel », disent-ils, et ils la laissent partir (Genèse 24.50-51). Rébecca quitte sa maison, fait le voyage jusqu'en Canaan et devient la femme d'Isaac. Dieu lui-même a pourvu à l'épouse qui portera plus loin la descendance promise, et la famille de la bénédiction se prolonge dans une nouvelle génération.
Où est l'évangile ?
Ce n'est pas un hasard si la Genèse situe ce récit près d'un puits. Dans la vie des patriarches, le puits est le lieu où l'on scelle des alliances et où commencent des mariages : c'est près d'un puits qu'est trouvée l'épouse d'Isaac, et celle de Jacob aussi (Genèse 24.15-20 ; 29.9-10). Alors, quand Jésus s'assoit près d'un puits et demande à boire à une femme, le schéma est évident : l'époux est venu (Jean 4.6-7).
Mais l'épouse que Jésus vient chercher ne ressemble en rien à Rébecca. C'est une Samaritaine, issue d'un peuple qui a rompu l'alliance avec Dieu et s'est livré à des dieux rivaux. Ses cinq maris sont l'image d'un peuple qui a pris un faux dieu après l'autre à la place de son véritable Mari (Jean 4.17-18). Là où Dieu avait autrefois envoyé un serviteur ramener une épouse issue de son propre peuple, Jésus vient lui-même vers une épouse infidèle, vers un peuple bien loin de la famille de l'alliance.
C'est vers ce mariage-là que tous les autres mariages pointaient. Comme Adam et Eve ont été unis pour multiplier l'image de Dieu sur toute la terre, Jésus s'unit à l'humanité pour prendre une épouse, l'église, rassemblée désormais parmi toutes les nations qui s'étaient livrées aux royaumes du serpent. Il fait entrer l'humanité en lui afin que, unis à lui, les membres de son peuple soient de nouveau féconds et multiplient l'image de Dieu à travers le monde. Le véritable époux vient même vers les infidèles et vers ceux qui sont loin, et il accueille tous ceux qui croient dans la famille que Dieu bâtit depuis le commencement. Il pourvoit encore à une épouse pour la descendance promise, il rassemble encore un peuple pour bénir le monde.
Vois par toi-même
Je prie pour que le Saint Esprit ouvre tes yeux, afin que tu voies le Dieu qui pourvoit à tout ce qui est nécessaire pour faire entrer son peuple dans sa famille. Et puisses-tu voir Jésus comme le véritable époux, qui s'unit même aux infidèles et à ceux qui sont loin pour en faire les siens et remplir le monde de l'image de Dieu.

