Jour 5

Comment les apôtres occupent les trônes vides du ciel

Une place est vide. Et cela compte plus que vous ne l’imaginez.

Actes 1.15-26;

Introduction

Chaque année, l’église vit dans la prière les 10 jours qui suivent l’ascension de Jésus. Durant ce temps, les disciples attendaient le don promis du Saint Esprit à la Pentecôte. Aujourd’hui, nous apprenons à attendre avec eux, en aspirant à l’œuvre de renouvellement de l’Esprit et en repérant un motif dans les Écritures : Dieu monte pour régner et remplit des êtres humains du Saint Esprit afin qu’ils règnent avec lui.

Nous avons vu la première intronisation de Dieu et le premier remplissage de l’humanité par l’Esprit. Nous avons observé la rébellion d’un royaume contrefait — l’anti-remplissage des fils de Dieu et l’anti-intronisation de la tour de Babel. Nous avons suivi Jésus, l’Homme-Dieu, montant vers son trône au-dessus de toute puissance. Et nous nous sommes assis auprès de Marie, apprenant l’attitude silencieuse de l’attente et de la prière.

Maintenant, le livre des Actes dévoile la forme que prend le Royaume de Jésus sur la terre. Avant que l’Esprit ne descende, Jésus, le Roi intronisé, rassemble des dirigeants et les prépare à partager son règne.

Les dirigeants d’un royaume nouveau

Les Actes nous disent qu’environ 120 de ceux qui suivaient Jésus étaient réunis (Actes 1.15). Ce nombre fait écho à la formation d’Israël. Douze est le nombre des tribus d’Israël — un peuple entier sous le règne de Dieu. Et ici, 12 est multiplié et porté à sa plénitude : « 10 fois douze » attendant pendant 10 jours d’être remplis. Ces 120 personnes sont le commencement d’un Israël renouvelé, un Royaume refaçonné de l’intérieur vers l’extérieur.

Parmi ceux qui sont rassemblés se trouvent les 11 apôtres restants (Actes 1.13). Jésus avait choisi les Douze comme signe qu’il restaurait Israël. Douze apôtres devaient rendre témoignage au Roi et partager son règne sur le peuple de Dieu. Mais une place est vide.

Judas : un ennemi vaincu et une place vide

Pierre se lève et nomme cette perte. Judas, l’un des Douze, est devenu le traître du Roi. Judas est mort d’une mort atroce dans le champ qu’il avait acheté avec l’argent reçu pour avoir trahi Jésus. Pierre relit la chute tragique de Judas à travers les Psaumes, soulignant que les Écritures parlent d’une place laissée vacante lorsqu’un ennemi est écarté. Les Écritures parlent aussi de cette charge donnée à un autre (Actes 1.20 ; Psaume 69.26 ; Psaume 109.8). L’ennemi ne garde pas la place pour toujours. Quand il est vaincu, son trône vide est rempli.

Ce n’est pas seulement l’histoire de Judas, mais celle de l’humanité. Au commencement, nous sommes tombés sous la domination d’un ennemi. En Jésus, cette domination a été affrontée, et la vocation humaine restaurée. La place vide parmi les Douze devient une fenêtre ouverte sur un renversement cosmique : Dieu reprend ce qui était perdu, restaure ce qui était brisé, remplit ce qui est vide.

Le sort et le partage d’un royaume

Pierre décrit ensuite celui qui doit remplacer Judas : quelqu’un qui a été avec Jésus depuis le début de son ministère, qui a été témoin de sa résurrection et qui peut attester son ascension vers son trône dans le ciel (Actes 1.21-22). Cette autorité apostolique s’enracine dans la proximité avec Jésus, elle est façonnée par l’histoire de Jésus et formée par le témoignage rendu au Jésus ressuscité.

Deux hommes sont proposés, puis la communauté prie (Actes 1.23-25). Ils reconnaissent que seul le Roi peut attribuer une place dans son Royaume. Ils tirent alors au sort, et le sort tombe sur Matthias (Actes 1.26).

Le tirage au sort appartient à l’histoire d’Israël. Quand Dieu a donné à Israël le pays de Canaan, il a réparti l’héritage par tirage au sort. En vrai Roi de son peuple, Dieu attribuait lui-même chaque part — on tirait au sort comme un acte de confiance : c’est Dieu lui-même qui distribue l’héritage (Nombres 26.55-56 ; Josué 14.2).

Ainsi, ici, dans les jours qui séparent l’Ascension de la Pentecôte, les apôtres tirent au sort pour savoir qui régnera avec eux sous l’autorité du Christ. Ils font confiance à Dieu : il choisira la bonne personne pour proclamer avec eux le règne du Roi.

Nous n’attendons pas seuls

L’église est bâtie sur le fondement du témoignage apostolique — sur le message confié à ceux qui ont marché avec Jésus, qui ont été témoins de sa résurrection et qui ont été établis pour conduire son peuple (Ephésiens 2.20). Leur témoignage ancre la foi de l’église à travers les siècles. Leur enseignement façonne la manière dont l’église attend. Leur autorité nous assure que le Royaume que nous recevons n’est pas une invention de notre part, mais un don du Roi intronisé.

Ainsi, nous n’attendons pas seuls. Une grande nuée de témoins nous entoure (Hébreux 12.1). Nous nous remettons au Roi et nous recevons ses dons — y compris le don de la direction des apôtres — de la manière dont il a choisi de les donner.

Prière guidée

Nous prions maintenant avec les apôtres, comme Jésus, le Roi ressuscité et monté au ciel, nous l’a enseigné :

Notre Père qui es dans les cieux,

que ton nom soit sanctifié.

Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Donne-nous aujourd’hui le pain dont nous avons besoin.

Pardonne-nous nos dettes,

comme nous avons nous aussi pardonné à ceux qui nous devaient.

Et ne nous expose pas à la tentation,

mais délivre-nous du mal.

Car à toi appartiennent le règne, la puissance et la gloire, pour les siècles des siècles.

Amen.

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